Mars bleu à La Réunion : une mobilisation renforcée contre le cancer colorectal

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À La Réunion, le cancer colorectal constitue un enjeu majeur de santé publique. Il figure parmi les cancers les plus fréquents, avec environ 393 nouveaux cas et 151 décès chaque année. A l’occasion de Mars Bleu 2026, l’ARS, la CGSS et Cap Onco Réunion, les associations et les professionnels de santé, se sont mobilisé pour renforcer la sensibilisation et augmenter la participation au dépistage.

Les données du registre des cancers montrent une augmentation de l’incidence, tandis que la survie à 5 ans reste inférieure à celle observée dans l’Hexagone (57 % contre 63 %). Cet écart s’explique à la fois par des diagnostics de cancers réalisés à des stades avancés et par d’autres facteurs liés à l’état de santé des patients, aux comorbidités et aux problématiques d’accès aux soins.

Pourtant, détecté tôt, un cancer colorectal guérit dans 9 cas sur 10.

Malgré cet enjeu, la participation au dépistage organisé demeure insuffisante : 26 % à La Réunion (soit 1 personne sur 4), contre 33 % au niveau national, loin de l’objectif national de 65 %.

Comment se passe ce dépistage ?

Le programme de dépistage organisé s’adresse à toutes les femmes et tous les hommes âgés de 50 à 74 ans, ne présentant pas d’antécédent personnel ou familial de cancer ou de maladie du côlon ou du rectum. Une invitation est envoyée tous les deux ans par l’Assurance Maladie pour réaliser un test de recherche de sang dans les selles.

Ce test, pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, peut être réalisé à domicile en quelques minutes.

A réception de la lettre d’invitation, les personnes concernées peuvent obtenir gratuitement leur kit de dépistage : 

Dans 96 % des cas, le résultat du test est négatif.

Dans 4 % des cas, il est positif : cela ne signifie pas nécessairement un cancer, mais nécessite la réalisation d’une coloscopie pour en identifier la cause.

Où se faire soigner en cas de diagnostic de cancer colorectal ? 

Afin de sécuriser ce parcours, l’ARS La Réunion se mobilise aux côtés des établissements de santé publics et privés disposant des autorisations d’activité de traitement du cancer, pour réduire les délais d’accès à la coloscopie diagnostique, étape essentielle après un test positif.

Cette organisation vise à garantir la qualité et la sécurité des soins, avec une prise en charge coordonnée et pluridisciplinaire. 

Tout au long du mois de mars, de nombreuses actions d’aller-vers ont été organisées sur l’île par les acteurs institutionnels, les associations et les professionnels de santé : stands d’information, animations pédagogiques, remise de kits de dépistage et temps d’échanges avec le public.

Objectif : sensibiliser la population cible et encourager le dépistage.
Quelques minutes peuvent éviter des traitements lourds… et sauver des vies. 

Des bus santé à la rencontre de la population 

Pour la première fois sur cette thématique, des bus santé ont sillonné les communes du 9 au 14 mars afin d’aller au plus près des habitants, notamment des publics les plus éloignés du système de soins.

Cette initiative avec le soutien de l’ARS était portée par les associations Asetis et ARSPH, avec les professionnels de santé du CHU de La Réunion et du CHOR, CAPONCORéunion.

Lors des arrêts dans les quartiers, un accompagnement pas-à-pas était proposé par les professionnels de santé :

  • démonstration du geste par simulation, 

  • explications simples et réponses aux questions sans tabou.

Les objectifs étaient simples : lever les freins, dépasser la gêne que peut susciter le prélèvement et banaliser ce geste de prévention.

 

 

Le 12 mars, Jean-Jacques COIPLET, directeur général de l’ARS La Réunion et Dr Florence LACROIX, directrice médicale régionale à la CGSS Réunion se sont rendus à Bras Panon pour rencontrer une des équipes mobilisées dans le cadre de cette action " bus santé".
L'occasion de saluer la mobilisation des professionnels mais aussi rappeler les enjeux du dépistage organisé et de l'importance du dépistage pour les personnes concernées. 

Toutes les manifestations de mars bleu 2026

Toutes les manifestations, soutenues par l’ARS La Réunion, la CGSS Réunion et Cap Onco Réunion, sont sur le site internet de Cap Onco Réunion : Liste des manifestations Mars bleu 2026.

La population a pu également interroger les professionnels de santé sur le cancer colorectal et le dépistage lors d'émissions radio et TV dédiées.

Au-delà de Mars Bleu, l’ARS La Réunion inscrit le dépistage du cancer colorectal dans une stratégie territoriale durable d’« aller-vers », avec le déploiement progressif de médiateurs en santé et un travail coordonné avec l’ensemble des partenaires.

Augmenter la participation au dépistage n’est pas seulement un objectif sanitaire : c’est une priorité pour réduire les inégalités de santé et améliorer durablement la survie face au cancer à La Réunion.

Agir aujourd’hui, c’est donner à notre territoire les moyens d’inverser la tendance. 

Un organe essentiel, souvent oublié 

Le côlon et le rectum constituent la dernière partie du tube digestif, appelée gros intestin.

Le côlon, long d’environ 1,5 mètre, transforme les résidus alimentaires en selles et abrite une grande partie de notre microbiote, indispensable à l’équilibre digestif. Le rectum, situé à son extrémité, sert de réservoir avant l’évacuation.

Mais l’ensemble de cette zone est particulièrement exposé. Les aliments que nous consommons y séjournent longtemps, parfois jusqu’à vingt heures dans le côlon. Ce contact prolongé avec la paroi intestinale la rend plus vulnérable aux agressions répétées liées à l’alimentation, au tabac ou à l’alcool.

Comment apparaît un cancer colorectal ? 

Dans la majorité des cas, le cancer débute par un polype, petite excroissance bénigne qui se développe le plus souvent sur la paroi interne du côlon, et parfois du rectum.

Avec le temps — généralement plus de 10 ans — certains polypes peuvent évoluer en cancer. En moyenne, un polype sur 30 à 40 devient cancéreux.

Cette évolution lente constitue une véritable opportunité : elle laisse le temps de détecter et de retirer ces lésions avant qu’elles ne deviennent dangereuses, grâce au dépistage.

Comment préserver son côlon de certains facteurs de risque ?

Le côlon est en contact prolongé avec ce que nous mangeons. Certains modes de vie augmentent le risque de cancer colorectal :

  • une alimentation pauvre en fibres et riche en viandes rouges ou transformées ;

  • la sédentarité ;

  • le surpoids et l’obésité ;

  • la consommation d’alcool ;

  • le tabagisme.

À l’inverse, adopter une alimentation riche en fibres (fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes), pratiquer une activité physique régulière, limiter l’alcool et arrêter de fumer contribuent à protéger son côlon.

Cependant, certains facteurs ne sont pas modifiables :

  • l’âge (95 % des cas surviennent après 50 ans) ;

  • les antécédents familiaux ;

  • certaines prédispositions génétiques (moins de 5 % des cas).

Même avec une bonne hygiène de vie, le risque n’est jamais nul.

C’est pourquoi le dépistage régulier à partir de 50 ans reste indispensable : il permet d’agir tôt, avec des traitements plus simples et des chances de guérison nettement meilleures.

Quels sont les symptômes du cancer colorectal ?

Le cancer colorectal a des symptômes peu spécifiques :

  • Des troubles du transit intestinal ;

  • Du sang dans les selles ;

  • Des symptômes généraux : perte de poids, grande fatigue, etc.

Comme d’autres maladies peuvent provoquer les mêmes symptômes, il est important d’en parler à son médecin traitant lors d’une consultation.

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