Dengue : appliquons les bons gestes !

Communiqué de presse
Veille sanitaire & épidémiologie Moustiques & maladies

Du 1er au 7 février 2021, 73 cas de dengue ont été signalés à l’ARS dans 9 communes de l’île. Les premiers regroupements de cas détectés au Port et à Saint-Joseph sont toujours actifs.
Avec les conditions météorologiques actuelles (chaleur et pluies), la poursuite de la circulation de la dengue et sa dispersion géographique laissent craindre une reprise de l’épidémie.

Aussi, la préfecture et l’Agence Régionale de Santé La Réunion rappellent à la population l’importance de lutter contre la dengue en appliquant les mesures de prévention : se protéger et protéger son entourage des piqûres de moustiques, éliminer tout ce qui peut contenir de l’eau autour de son domicile, et consulter un médecin en cas de symptômes.

Situation de la dengue à La Réunion au 10 février 2021
(données Cellule Santé Publique France en région, ARS)

Du 1er au 7 février 2021, des cas isolés ont été localisés dans 9 communes :

  • Saint-Joseph             
  • Saint-Louis
  • Le Port
  • La Possession
  • Saint-Benoit
  • Saint-Pierre
  • Saint-Paul
  • Bras-Panon
  • Saint-Denis

De plus, des regroupements de cas (foyers de dengue) ont été identifiés :

  • Le Port (Satec, Manes, L’Epuisement, Vieille ville, Piscine, ZAC-1, ZUP)
  • Saint-Joseph (Les Jacques, La Cayenne)

Afin de contenir la propagation du virus de la dengue, les équipes de lutte anti-vectorielle de l’ARS maintiennent les interventions de démoustication.
 

Recommandations pour lutter contre la dengue

Connaitre et appliquer, à titre personnel et collectif, les mesures de prévention pour lutter contre la dengue, reste de loin le moyen le plus efficace pour éviter de contracter la maladie et de la transmettre à son entourage :

  • Se protéger et protéger son entourage contre les piqûres de moustiques : répulsifs, moustiquaires, vêtements longs, diffuseurs
  • Eliminer les gîtes larvaires : vider tout ce qui peut contenir de l’eau tout autour de son domicile
  • Consulter un médecin en cas de symptômes (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires/articulaires, nausées, vomissements, fatigue...). Votre médecin vous prescrira la réalisation d’un prélèvement à effectuer en laboratoire d’analyses médicales pour confirmation du diagnostic de la dengue.

Cette confirmation biologique est indispensable pour orienter les interventions des équipes de lutte anti-vectorielle et contribuent à limiter la diffusion du virus de la dengue sur le territoire.
 

Information sur l’utilisation du Bti comme larvicide dans la lutte anti-vectorielle

Le Bacillus thuringiensis var. israelensis, couramment appelé Bti, est utilisé en routine dans la lutte contre l’épidémie de dengue. Ce larvicide d’origine biologique est en effet intéressant pour compléter les autres actions, que sont notamment la diffusion des bons gestes de lutte contre la dengue, la lutte mécanique et le traitement contre les moustiques adultes autour des cas rapportés de dengue.

Auparavant utilisé ponctuellement par l’ARS La Réunion pour le traitement au pulvérisateur de certains gîtes larvaires exceptionnels, le Bti est maintenant réparti en péri-domiciliaire par atomisation. Le même type de matériel que lors d’usage de l’insecticide à destination des adultes est ainsi utilisé, afin d’obtenir de fines gouttelettes qui vont pouvoir se répartir de manière homogène sur la parcelle et atteindre tous les micro-gîtes larvaires du moustique tigre. Cet usage urbain en atomisation est novateur et a fait ses preuves comme outil dans une stratégie de lutte contre la dengue (BOHARI et al., 2020).

Le Bti est une bactérie capable de synthétiser une structure cristalline qui peut tuer les larves de certains insectes dont le stade larvaire est aquatique : moustiques, simulies, chironomes, tipules. Contrairement à la quasi-totalité des insecticides, il est ainsi relativement sélectif.

L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail rapporte concernant le Bti (AFSSET, 2007) :

  • une spécificité d’action très importante,
  • une absence de toxicité aiguë et d’effets chroniques,
  • un mode d’action particulier qui lui confère une absence de toxicité chez tous les organismes n’ayant pas un pH intestinal alcalin ou ne possédant pas les récepteurs des toxines,
  • une absence de toxicité pour les oiseaux, les mammifères et les abeilles,
  • la présence à l’état naturel dans le sol du Bacillus thuringiensis,
  • un risque faible pour les opérateurs et les personnes présentes à proximité pendant les opérations d’application,
  • un risque pour l’environnement faible et limité aux organismes cibles du milieu aquatique,
  • aucun effet indésirable préoccupant pour l’environnement rapporté en 25 ans d’utilisation à travers le monde.

Plus précisément, le Bti n’a pas de toxicité notifiée pour (GLARE T. R., O’CALLAGHAN M., 1998.):

  • la majorité des insectes, hors moustiques et moucherons (donc pas de toxicité envers les abeilles),
  • les poissons,
  • les crustacés,
  • les batraciens,
  • les mammifères, 
  • les oiseaux.

De même, peu d’études ont réussi à démontrer des impacts négatifs de l’utilisation du Bti sur les tortues (Organisme des bassins versants des rivières du Canada, 2015). Des informations similaires apparaissent dans d’autres sources (CONNOR M. J., 2005), dont un communiqué du Central Mass Mosquito Control Project du Massachusetts (CMMCP, https://www.cmmcp.org/pesticide-information/pages/bti-bacillus-thuringiensis-israelensis).

Via des expositions conventionnelles (orale, oculaire, par inhalation, sous-cutanée), le Bti ne démontre aucun caractère virulent ou envahissant chez les mammifères (Ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec, 2020).

À ce jour, le Bti n'a été directement associé à aucune une intoxication alimentaire ni impliqué de manière concluante dans aucun incident de santé, que ce soit chez les humains ou tout autre mammifère (MEADOWS, 1993). Le Bti est d’ailleurs recommandé en réponse à la problématique vectorielle pour traiter l’eau de boisson (OMS, 2017).

L'ensemble des études sur l'innocuité du Bti indique donc que cet entomopathogène peut être utilisé sans risque pour les humains et tout autre mammifère potentiellement exposé.
 

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