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Les virus de la dengue et du chikungunya sont transmis par les moustiques, principalement l'Aedes albopictus.
A La Réunion, des cas sont recensés dans l'année. La mobilisation des professionnels de santé est indispensable pour signaler tout cas suspect et rappeler aux patients les gestes de prévention.

Début 2026, il est observé une recrudescence du nombre de cas de dengue autochtone. De même, des cas de chikungunya sont recensés dans l’île. 

Consulter les derniers points de situation sur le site de Santé publique France

 

La dengue et le chikungunya sont transmis à l’homme suite à la piqûre d'un moustique du genre Aedes infecté par le virus. Ils se manifestent généralement 2 à 7 jours après la piqûre d’un moustique infecté. 

Les symptômes peuvent varier en intensité mais plusieurs signes sont évocateurs :

  • Fièvre brutale, parfois élevée
  • Maux de tête
  • Douleurs articulaires et/ou musculaires
  • Nausées / vomissements
  • Éruptions cutanées (plaques ou boutons rouges)
  • Fatigue importante
  • Irritations oculaires, douleurs des yeux, conjonctivite

Présentation clinique habituelle

Le chikungunya :

Au delà de cette triade (fièvre, rash, douleurs articulaires), la maladie est généralement bénigne.

  • Des conjonctivites sont fréquemment décrites.
  • La périchondrite auriculaire est caractéristique.
  • La part d’infections asymptomatiques est estimée à moins de 30%.
  • La biologie est généralement peu perturbée cependant une lymphopénie modérée 1 000 /mest parfois observée ainsi qu’une élévation de la CRP.
  • La létalité est très faible 1/1000 et concerne pour la plupart des personnes comorbides.
  • L’infection est considérée comme immunisante.
Types de complications

Atteintes articulaires chroniques 

  • Plusieurs mois voire plusieurs années après l’infection (fréquences variables selon les lignages) :
    • Fatigue qui peut être intense
    • Réaction inflammatoire
  • Lien avec l’âge au moment de l’infection, le sexe féminin, la charge virale, l’intensité des douleurs articulaires à la phase aiguë et les antécédents d’arthrose

Complications neurologiques

  • Rares mais potentiellement sévères
  • Encéphalopathies ou des encéphalomyélites disséminées
  • Âges extrêmes de la vie
  • Comorbidités associées

Atteintes ophtalmiques

  • Névrites optiques
  • Uvéites ou rétinites (rares)

Infections congénitales

  • Très rare pendant la grossesse
  • Jusque 50% de risque si mère virémique au péripartum
  • Symptômes rapportés : fièvre, douleurs, léthargie, troubles de succion, sepsis, oedèmes, encéphalopathie
  • Persistance potentielle de troubles cognitifs à long terme chez les nouveau-nés avec troubles neurologiques

Décompensations

  • Décompensations de pathologies préexistantes

Devant tout syndrome dengue-like*, il est recommandé de :

  • évoquer systématiquement le diagnostic différentiel « dengue / chikungunya / leptospirose » ;
  • réaliser le plus rapidement possible après l’apparition des symptômes une PCR « dengue / chikungunya / leptospirose » par un laboratoire de biologie médicale, permettant d’orienter la prise en charge si nécessaire.

Il convient dès lors de recommander un diagnostic de confirmation biologique au plus vite. En effet, la PCR triplex « chikungunya/dengue/leptospirose » permet de poser un diagnostic de certitude et de permettre la prise en charge clinique adaptée. En outre, un diagnostic adéquat permet à l’ARS de déployer ses moyens de réponse sur le terrain.

*Cas suspect : fièvre souvent élevée et d’installation brutale associée à des douleurs articulaires parfois intenses touchant le
plus souvent les membres distaux. Possibilité de douleurs musculaires, de maux de tête et d’un rash cutané maculo-papuleux

Chikungunya, dengue et leptospirose, aide au diagnostic :

Traitement

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique.

La prise en charge repose sur :

  • du drepos,
  • de l’dhydratation,
  • u paracétamol en cas de fièvre ou douleurs.

Les anti‑inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et l’aspirine sont déconseillés en raison du risque hémorragique.

L’hospitalisation peut être envisagée pour certains patients comorbides, pour lesquels la douleur ne peut être contrôlée ou qui présentent une forme atypique ainsi que chez les nouveaux-nés.

Prévention

Élimination des déchets et des eaux stagnantes

Pour réduire la présence du moustique Aedes albopictus,vecteur des maladieds :

  • vider ou supprimer les récipients pouvant contenir de l’eau ;
  • couvrir les réservoirs ;
  • ranger les petits objets pouvant accumuler l’eau ;
  • jeter les déchets verts et encombrants en respectant les jours de collecte.

Prévention des piqûres de moustiques

Elle est essentielle pendant la virémie. 

  • Utiliser des répulsifs cutanés (adaptés pour l’enfant et la femme enceinte).
  • Installer des moustiquaires (berceaux, lits, ouvertures).
  • Porter des vêtements couvrants et clairs.
  • Utiliser des insecticides adaptés (diffuseurs électriques, serpentins en extérieur).
En savoir plus sur les moyens de protection

Des vaccins existent et permettent d’éviter les formes sévères des maladies.  L'accès au vaccin relève du choix des personnes. Parlez en avec votre médecin. 

Le chikungunya et la dengue sont des maladies à déclaration obligatoire. 

À La Réunion, les cas confirmés positifs sont déclarés sans délai par les laboratoires de biologie médicale au point focal régional de l’ARS La Réunion. 
Déclarer un cas positif

Pour toute question relevant de la gestion des cas, la Cellule de Veille, d’Alerte et de Gestion Sanitaires (CVAGS) doit être contactée :
• 0262 93 94 15 
• ars-reunion-signal@ars.sante.fr

Toute situation particulière (recrudescence inhabituelle, regroupement de cas, forme clinique particulière,…) doit être signalée à la cellule régionale de Santé publique France en charge de la surveillance épidémiologique, de la caractérisation des cas et des potentielles formes atypiques : oceanindien@santepubliquefrance.fr.