Importante recrudescence des cas de leptospirose : l’ARS renforce la prévention, la vigilance clinique et la mobilisation des acteurs sanitaires

Actualité

Depuis le début de l’année 2026, La Réunion connaît une recrudescence marquée de la leptospirose. Le nombre de cas dépasse nettement les niveaux habituellement enregistrés en saison des pluies. A ce jour, 58 cas ont été confirmés (39 cas en janvier et 19 cas en février). L’ARS déplore 1 décès et 14 hospitalisations dont 5 en soins critiques.

Les secteurs du Sud (20 cas) et l’Est (15 cas) sont particulièrement impactés. Face à cette situation préoccupante, l’ARS La Réunion renforce les mesures de prévention et d’information et appelle l’ensemble de la population, des professionnels de santé, les collectivités et des acteurs de terrain à une vigilance accrue. 

La leptospirose est une infection bactérienne sévère, transmise par contact avec de l’eau douce ou des environnements humides (boue, végétaux...) contaminés par de l’urine d’animaux infectés 

La maladie est endémique à La Réunion. Toutefois, le nombre de cas enregistrés en ce début d’année est particulièrement élevé, rappelant la dynamique observée en 2024, année record avec 295 cas et 6 décès.

Des cas sont recensés dans plusieurs microrégions de l’île, avec des expositions diversifiées :

  • Activités agricoles, maraichage, jardinage et élevage 

  • Travaux ou nettoyage en milieux humides,

  • Loisirs en eau douce (baignade, pêche, canyoning),

  • Marche nus pieds ou en chaussures ouvertes dans de l’eau douce ou des environnements contaminés 

La leptospirose peut évoluer vers une forme grave : si elle n’est pas traitée rapidement, elle peut mener à une hospitalisation, voire un décès. La bactérie entre dans l’organisme par la peau, en cas de coupures ou de plaies (même petites) ou par les muqueuses (œil, bouche, nez). 

En cas de symptômes (fièvre élevée d’apparition brutale (souvent > 39 °C), grande fatigue, douleurs musculaires, articulaires, abdominales, nausées, vomissements, forts maux de tête), il est recommandé de :

  • Consulter rapidement son médecin car la prise en charge précoce et adaptée (antibiotiques prescrits sur avis médical) permet de limiter le risque de forme grave.

  • Informer le médecin des activités à risques pratiquées dans les 3 semaines précédant le début des signes.

Le médecin pourra prescrire une analyse biologique en laboratoire permettant de confirmer ou d’infirmer le diagnostic.

L’ARS propose aux patients une enquête environnementale réalisée à leur domicile afin d’identifier les sources potentielles d’exposition et les activités à risque pratiquées. Ces informations permettent d’envisager des mesures de prévention et d’information afin d’éviter de nouvelles contaminations dans des conditions similaires.

Information des professionnels de santé 

L’ARS et l’Assurance Maladie veillent à la diffusion rapide des informations auprès des professionnels de santé, afin de garantir une détection rapide des cas et un accompagnement optimal des patients.

Renforcement des mesures de prévention

En coordination avec les collectivités et les coordonnateurs des contrats locaux de santé, l’ARS intensifient les actions de prévention : 

  • actions de salubrité publique par les communes,

  • mobilisation sociale relayée par les coordonnateurs dans les zones les plus concernées.

Campagne de communication
 

L’ARS La Réunion lance une campagne de communication dès le 3 mars. Elle comprend :

  • Une campagne radio

  • Une campagne digitale sur les sites d’information locaux

  • Réseaux sociaux

 

 

 

 

 

 

Objectif : Sensibiliser la population aux activités à risque (agriculture, élevage, nettoyage, jardinagesports de pleine nature) et aux moyens de se protéger de la leptospirose. 

 

La vaccination contre la leptospirose est recommandée pour toutes les personnes exposées dans le cadre professionnel ou lors d’activités régulières en milieu humide.

Le vaccin Spirolept® protège les adultes exposés à la maladie et prévient les formes graves pouvant conduire à une hospitalisation. Il agit contre la principale souche bactérienne responsable des cas sévères recensés à La Réunion.

Où et quand se faire vacciner ?

Salariés agricoles : auprès des services de santé au travail.
Autres personnes : sur rendez-vous, du lundi au vendredi de 9h à 16h, dans les centres de vaccination :

  • CHU Sud – Saint‑Pierre (CeGIDD) – Tél. 0262 35 96 10

  • CHU Nord – Félix Guyon (CeGIDD) – Tél. 0262 90 68 70

Schéma vaccinal 

2 injections à 15 jours d’intervalle, puis 1 rappel à 4‑6 mois, et tous les 2 ans si l’exposition persiste.

Cette campagne, intégralement prise en charge par la CGSS Réunion à travers les fonds d’actions sociales de l’Assurance Maladie et de la Mutualité Sociale Agricole (MSA), a démarré le 29 septembre 2025 et se poursuit en 2026.

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